Nucléaire: Vega dénonce une collusion

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Trop d’experts nucléaires sont d’anciens collaborateurs d’Electrabel, dénonce en substance Vega, qui a introduit une action en référé pour contester la réouverture des centrales fissurées. S’appuyant notamment sur un rapport de Greenpeace, le mouvement politique des rouges et verts déplore des liens trop étroits entre plusieurs membres de l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN) et du cabinet de la ministre fédérale de l’Energie, de l’Environnement et du Développement durable Marie-Christine Marghem (MR). «A notre connaissance, il n’y a pas eu de transfert d’argent», précise Vincent Decroly, un des fondateurs de Vega. «On parle plutôt ici de collusion.»

Pour le parti de gauche, le phénomène s’étend du directeur de l’AFCN Jan Bens jusqu’à l’expert Thomas Pardoen, dont le frère Martial est le conseiller en énergie du cabinet Marghem, et même le président du groupe international chargé par l’AFCN de l’analyse technique indépendante de la cuve du réacteur D3, le Pr Pierre-Etienne Labeau, dont les travaux à la tête du Belgian Nuclear Education Network ont été sponsorisés par Engie (ex-GDF Suez) jusqu’en 2012. Electrabel a il est vrai longtemps détenu un monopole en Belgique. «C’est un vrai débat», rétorque Pierre Eyben, membre de Vega et chercheur. «C’est pourquoi nous préconisons le recours à des experts indépendants hors de la Belgique, comme par exemple en Allemagne.»

En attendant d’intervenir en faveur des personnes directement concernées, Vega a introduit hier une action en référé auprès du tribunal de première instance de Bruxelles pour contester la réouverture des centrales fissurées. Plus largement, les Rouges et Verts réclament la désignation d’un nouveau directeur pour l’AFCN, un nouveau rapport indépendant sur les cuves des réacteurs T2 et D3, et la mise à l’arrêt définitive de ces réacteurs, en vertu du principe de précaution.

Copyright : Belga / R. Smit