Qu’il soit actif et passif, le tabagisme causerait stérilité et ménopause précoce

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Une vaste étude américaine, parue le 14 décembre, établit un lien entre le tabagisme, les problèmes de fertilité chez certaines femmes et l’âge avancé de leur ménopause.
Même si des recherches précédentes avaient déjà montré une corrélation entre stérilité et tabagisme actif, des chercheurs du Roswell Park Cancer Institute ont voulu voir si le tabagisme passif était aussi concerné.

Constat

Ils se sont intéressés aux cas de 93.676 Américaines, suivies de 1993 à 1998. Elles étaient toutes ménopausées et âgées de 50 à 79 ans. L’équipe a rassemblé des informations sur leur tabagisme, leur fécondité et l’âge auquel était naturellement survenue leur ménopause. Pour celles qui fumaient, ou qui avaient fumé, on a noté le nombre quotidien de cigarettes, à quel âge elles avaient commencé et pendant combien d’années. On a demandé aux non-fumeuses si elles vivaient ou travaillaient dans un environnement enfumé. Après avoir pris en compte d’autres facteurs d’hygiène de vie, les résultats ont montré que l’exposition au tabac, active et passive, pouvait accélérer l’arrivée de la ménopause avant 50 ans et entraîner des troubles de la fertilité.

Fumeuses et anciennes fumeuses enregistraient un risque de stérilité accru de 14% et de 26% concernant la ménopause précoce par rapport aux non-fumeuses. Les plus grosses consommatrices, celles qui avaient commencé avant l’âge de 15 ans, devenaient ménopausées 22 mois avant les autres. Celles qui fumaient plus de 25 cigarettes par jour enregistraient une date de ménopause en avance de 18 mois par rapport à la moyenne. Mais les fumeuses passives ne sont pas en reste. Celles qui avaient subi une forte exposition (au moins 10 ans avec des parents fumeurs ou dans un bureau enfumé, ou 20 ans avec un conjoint amateur de tabac) étaient ménopausées 13 mois plus tôt. De plus, ces mêmes femmes étaient plus susceptibles (+18%) d’avoir des troubles de la fécondité en comparaison avec les femmes non touchées par le tabagisme passif.

Une étude de grande ampleur

Les chercheurs expliquent ces résultats par les toxines présentes dans la fumée qui ont des effets néfastes sur les hormones et la reproduction. Ils tiennent à préciser qu’ils ont mené l’une des premières études de grande ampleur sur le tabagisme actif et passif. Ils concluent : « Elle renforce les preuves dont nous disposons actuellement sur le fait que toutes les femmes doivent être protégées du tabagisme actif et passif ». Ces résultats sont parus en ligne dans la revue Tobacco Control.

SOURCEAFP et rédaction en ligbe
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