Un concours européen de cyber-pirates

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Issus de compétitions nationales, les meilleurs jeunes cyber-génies européens se sont réunis, hier à Lucerne en Suisse, afin de s’affronter dans le cadre de la finale de «l’European Cyber Security Challenge», le premier concours européen de cyber-sécurité.

Cette élite de jeunes hackers qui viennent d’Autriche, d’Allemagne, de Roumanie, d’Espagne, de Suisse et du Royaume-Uni s’entraînait depuis des mois en vue de cette confrontation numérique. Par équipe de dix participants, les hackers se sont engagés dans des joutes cybernétiques diverses, toutes liées à la sécurité informatique. Ces cyber-pirates, pour la plupart lycéens et étudiants, devaient faire face à des épreuves qui auraient pu tenir le haut du pavé d’un film d’espionnage: découvrir des failles de sécurité dans des applications web, déchiffrer des documents cryptés, s’infiltrer dans des systèmes sécurisés ou les protéger contre des actes malveillants de cybercriminels. Et pour soulever le glorieux sésame, il n’est pas question de n’avoir pour seule aptitude que des compétences techniques. «Développer une solution en groupe et être capable de communiquer avec les autres est tout aussi important pour un ‘bon pirate informatique’, indique Nicholas Hansen de l’association Swiss Cyber Storm. Outre des qualités techniques, les équipes doivent donc faire preuve d’une bonne organisation et d’une coopération à toute épreuve qui requiert une capacité à répartir les différentes tâches correctement parmi les membres.

Chapeaux blancs uniquement

Organisé par l’Agence européenne pour la sécurité des réseaux et de l’information (ENISA), ce concours n’est ouvert qu’aux personnes non titulaires d’un diplôme en sécurité informatique ou dans un domaine similaire. Pour ces hackers qui seront formés «sur le tas», selon les propos du directeur des opérations à l’ENISA, seuls les «chapeaux blancs» seront admis. Par cette expression, l’institution européenne entend discerner les pirates malveillants («chapeaux noirs») de ceux dont l’action relève de motifs éthiques («chapeaux blancs»).

Métier d’avenir

À l’heure où un nombre croissant d’universités développent des pôles dédiés à la cyber-défense au sein de leur faculté, les entreprises et le secteur public recherchent une main-d’œuvre qualifiée pour ce type d’activités. «Avec l’augmentation de la numérisation, les questions de sécurité informatique deviennent de plus en plus importantes. Les organisations font appel à des spécialistes qui savent protéger leur infrastructure et reconnaître de quoi les cybercriminels sont capables et comment ils attaquent nos systèmes. Il s’agit d’une pièce importante du puzzle permettant de sécuriser les systèmes de façon fiable et de repousser les attaques», conclut Bernhard Tellenbach, le président de Swiss Cyber Storm. En participant à ce tournoi, ces passionnés d’informatique bénéficient sans nul doute d’une belle vitrine professionnelle.

SOURCEGaëtan Gras
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