Un livre pour adolescents interdit en Nouvelle-Zélande

L’interdiction d’un roman néo-zélandais pour adolescents, salué par la critique mais voué aux gémonies par une organisation conservatrice, a provoqué lundi la stupeur dans un pays qui n’avait plus connu une telle censure depuis plus de 20 ans. Publié en 2012, « Into the river » a remporté plusieurs prix l’année suivante. Il raconte le parcours initiatique d’un jeune Maori qui, après avoir obtenu une bourse dans un internat huppé d’Auckland (nord), découvre le racisme et la drogue.

Certaines scènes de sexe avaient provoqué la fureur d’une organisation de défense de la famille. L’auteur du livre, Ted Dawe, 64 ans, s’est dit « abasourdi » par cette interdiction. « Est-ce qu’on vit dans un pays où les livres sont interdits? Quelle sera la prochaine étape? Qu’on me mette sur le bûcher? » s’est interrogé M. Dawe dans un entretien publié lundi par le New Zealand Herald. « Plusieurs personnes m’ont écrit pour me faire part de leur stupeur », a déclaré l’écrivain, qui est également directeur d’études au Taylors College d’Auckland.

Au terme d’un long processus, Don Mathieson, président du Film and Literature Board of Review (FLBR), organisme néo-zélandais fixant les restrictions sur les films et les livres, a décidé jeudi d’interdire l’ouvrage de façon temporaire, en attendant une décision définitive dans les prochaines semaines. D’ici là, la circulation de ce livre est interdite. Un particulier qui le vendrait s’exposerait à 3.000 dollars néo-zélandais (1.680 euros) d’amende. L’amende pour un libraire peut grimper à 10.000 dollars (5.600 euros).