Une pomme de terre résistante au mildiou testée dans les champs dès 2017

Les premiers essais en champ de pommes de terre Bintje durablement résistantes au mildiou seront effectués en 2017 ou 2018, indiquent lundi l’université de Gand, l’institut de recherche agricole (ILVO) et l’institut flamand de biotechnologie (VIB). Une aubaine, selon eux, pour les producteurs et transformateurs du pays. Le dommage économique annuel dû à cette maladie est évalué à quelque 55 millions d’euros en Belgique.

Les différentes organisations ont présenté les résultats d’essais scientifiques effectués en Flandre et aux Pays-Bas en 2011 et 2012. Il en ressort que lors de l’élaboration de variétés résistantes au Phytophthora (mildiou), l’important est de combiner plusieurs gènes (entre trois et cinq) portant une robustesse naturelle. Selon les chercheurs, il est possible d’obtenir une variété résistante sans perdre les autres caractéristiques de la pomme de terre.

Le mildiou est le problème principal auquel font face les producteurs, explique Luc Rooryck, expert agronome chez Lutosa. Les champs doivent être traités entre 12 et 20 fois par an. « Si une variété résistante est découverte et que les autres qualités de la pomme de terre sont préservées, cela nous intéresse beaucoup. » Il évalue en effet le coût du traitement, main d’œuvre incluse, à une cinquantaine d’euros par hectare et par traitement.

Le mildiou se développe principalement lors de pluies abondantes et de températures élevées. Les producteurs sont plutôt épargnés en 2015, grâce à une année « très sèche » et au soleil persistant. Les champs n’ont été traités qu’une dizaine de fois, selon Luc Rooryck. L’industrie est aux aguets de l’avancée des recherches. La Belgique reste le plus grand exportateur de pommes de terre surgelées au monde.