Le hip-hop, le style le plus révolutionnaire selon des algorithmes

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De tous les styles musicaux des 50 dernières années, aucun n’a bouleversé le monde de la musique comme le hip-hop, affirment des chercheurs qui ont étudié au moyen d’algorithmes et de graphiques l’évolution de la musique pop.

Des années révolutionnaires

Armand Leroi, un biologiste spécialiste de l’évolution à l’Imperial College de Londres, et Matthias Mauch, chercheur en informatique à l’Université Queen Mary de Londres, ont retranscrit en algorithmes et graphiques informatiques les différentes caractéristiques de morceaux de musique entre 1960 et 2010.

Les chercheurs se sont fondés sur l’étude d’environ 17.000 titres de l’US Billboard Hot 100, le classement hebdomadaire des morceaux les plus populaires aux Etats-Unis. Ils ont isolé les différentes caractéristiques des chansons comme la fréquence de certains accords et les types d’instruments ou de voix. « Et, sans surprise, pour la plupart, les caractéristiques des chansons changent peu d’une année sur l’autre », précise Armand Leroi. « Mais par moment, les différences deviennent plus flagrantes et sur quelques années, les choses évoluent rapidement. Ce sont ces années-là que nous qualifions de ‘révolutionnaires‘ ».

Un hip-hop venant de nulle part

Trois « révolutions » ont été mises en évidence – en 1964, 1983 et 1991 -, la dernière étant de loin le plus importante, aux yeux des chercheurs. Celle de 1964 a été marquée par le développement de plusieurs styles en même temps, notamment la soul, le rock et le doo wop. Celle de 1983, par le new wave, le disco et le hard rock.

Mais en 1991, c’est clairement le hip-hop, avec une nette augmentation des chansons aux « discours énergiques » et « sans accords ». « Le hip-hop a explosé, semblant venir de nulle part. »