Highline, marcher dans le ciel

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Deux arbres, une sangle, et un peu d’équilibre : il n’en faut pas plus pour débuter la slackline. Ceux que la ‘slack’ ennuient peuvent ensuite passer à la highline, sa déclinaisons entre deux falaises. « C’est presque de la méditation tant cela impose de faire le vide dans sa tête », explique Bram Boelens.

La slackline, c’est quoi ?

« L’idée, c’est de marcher sur une bande de 2,5 cm de large qu’on tend entre deux points. Il suffit de trouver deux arbres dans un parc, et c’est parti. C’est rapide à installer, ça peut se mettre n’importe où. Avant de réussir à faire quelque pas, il faut souvent une bonne heure d’exercice. Dès qu’on y arrive, on a envie d’aller plus loin. »

Que peut-on faire à part des allers-retours ?

« Une fois qu’on maitrise la slackline classique, on peut passer à la longline. C’est la même chose, mais sur une plus longue distance. On peut aussi faire des sauts, des saltos… Dans ce cas, on utilise une corde un peu plus large. »

Vous faites également de la highline.

« Ici encore, le principe est le même : une corde tendue entre deux points. Mais ça se pratique en hauteur, à quelques dizaines ou centaines de mètres du sol. Entre deux falaises, entre deux immeubles… Ou bien entre deux boules de l’Atomium, comme on l’a fait en août dernier. »

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Que ressent-on, à marcher ainsi au-dessus du vide ?

« Dans le cas de l’Atomium, cela voulait dire marcher sur 70 m à 70 m au-dessus du sol. C’est très impressionnant. D’ailleurs, il nous a fallu trois jours avant de réussir la première traversée ! Ça demande une profonde concentration. Il doit y avoir une sorte de déclic dans la tête qui rejette toutes les peurs. Le vide total s’installe dans l’esprit. On peut comparer ça à de la méditation tant ça permet d’évacuer toutes ses pensées. »

Comment se passe la traversée ?

« Entre les deux boules d’Atomium, il y avait cinq ou six minutes de traversée. Pendant ce temps, je fixe le point d’arrivée. Je m’interdis de regarder en bas, c’est trop impressionnant. Mais quand on arrive à un certain niveau de maitrise, ça peut être un défi intéressant. Une fois au bout, on est pris par une immense satisfaction, celle d’avoir vaincu la ligne, et surtout, ses peurs. »

Certains font de la highline sans système d’assurage.

« Je ne l’ai jamais fait, et cela ne me tente pas trop. Ça serait dommage de s’écraser au sol ! Et surtout, j’ai déjà énormément de sensations et de montées d’adrénaline avec la highline. Si un jour cela ne me suffit plus, je tenterai de traverser des lignes plus hautes ou plus longues. Par contre, je comprends que ça puisse attirer certains pratiquants. An début, beaucoup se disent : ‘sans sécurité, non, jamais’. Et puis, plus on progresse, plus on peut avoir envie d’enlever la sécurité pour rentrer dans des niveaux de concentration toujours plus élevés. »

Quels sont vos prochains projets ?

« A Bruxelles, nous aimerions installer une highline au Mont des Arts. Ça serait certainement la plus belle ligne de Bruxelles, avec une vue sur le centre-ville en arrière-plan. On est en train de voir si c’est faisable avec des ingénieurs. On pense également à tenter une traversée entre les tours de Belgacom… Mais là, on n’a toujours pas reçu l’autorisation ! »