Deux touristes allemands payent « leur » dette de guerre à la Grèce

Un couple allemand a eu mercredi les honneurs de la presse grecque et il ne s’agissait pas d’Angela Merkel et Wolfgang Schäuble mais de vacanciers venus déposer dans une mairie du Péloponnèse un chèque de 875 euros représentant « leur » dette de guerre vis à vis de la Grèce.

Un geste symbolique

« Ils sont venus dans mon bureau hier matin en disant qu’ils voulaient compenser l’attitude de leur gouvernement, qu’ils avaient fait leur calcul et que la dette qui revenait à chaque Allemand pour le prêt imposé à la Grèce pendant la deuxième guerre mondiale s’élevait à 875 euros« , a expliqué le maire de Nauplie, Dimitris Kotsouros.

Le chèque du couple, qui avait choisi Nauplie symboliquement, selon le maire, « car ce fut la première capitale de la Grèce au 19ème siècle« , est allé à une association communale d’aide aux plus démunis. Ludwig Zacaro et Nina Lahge, selon les noms cités dans la presse qui s’est entichée de l’histoire, sont respectivement retraité et salariée « à trente heures par semaine« , toujours selon les médias, et leur lieu de résidence n’a pas été cité.

La dette de l’Allemagne selon les Grecs

Athènes, qui croule sous une dette atteignant plus de 175% de son Produit intérieur brut (PIB), fait valoir de longue date que l’Allemagne ne lui a jamais vraiment versé de réparations de guerre et n’a jamais remboursé un prêt forcé de 1942. Ce dossier a été relancé de façon très offensive par le gouvernement de gauche radicale d’Alexis Tsipras dans un contexte d’antagonisme entre la Grèce et la zone euro sur la poursuite de la rigueur budgétaire, dont l’Allemagne est devenue l’incarnation.

Le montant des réparations éventuelles réclamées pourrait atteindre 162 milliards d’euros, soit peu ou prou la moitié de la dette du pays, selon des chiffres circulant à Athènes. Le prêt forcé datant de l’occupation nazie est quant à lui évalué à 11 milliards d’euros en Grèce. L’Allemagne considère que ces questions ont été réglées juridiquement par le biais de traités. Quelques députés allemands sociaux-démocrates et verts ont appelé leur gouvernement cette semaine dans les médias à prendre en considération la demande grecque.