Atteint du syndrome d’auto-brasserie, il devient ivre en mangeant un paquet de frites

Maux de tête, nausées et douleurs d’estomac, mais aussi difficultés à tenir debout et à marcher droit. S’il vous arrive d’avoir tous les symptômes de la gueule de bois mais sans avoir touché la moindre goutte d’alcool, c’est peut-être que vous êtes atteint du syndrome d’auto-brasserie. En prenant l’exemple de Nick Hess, l’homme qui est saoul avec des frites, la BBC est revenue sur cette maladie extrêmement rare.

Le cas de cet anglais de 34 ans a de quoi intriguer. Alors qu’il ne buvait pas, sa femme le soupçonnait d’être alcoolique et la police l’arrêtait pour conduite en état d’ivresse. L’homme a donc décidé de se rendre à l’hôpital. Après plusieurs examens et après avoir vérifié qu’il ne buvait pas en cachette, les médecins ont enfin mis un nom sur sa maladie. Nick est atteint du syndrome de l’auto-brasserie. Lorsqu’il mange un repas trop riche en glucides, son taux d’alcoolémie est aussi élevé que s’il avait bu sept verres de Whisky.

Plusieurs cas de cette maladie rare avaient déjà été recensés dans les années 70 au Japon. En 2013, l’histoire d’un américain de 61 ans ivre aux urgences avec 0,37 % d’alcool dans le sang alors qu’il sortait simplement de la messe dominicale avait déjà été relayée. Le journal Le Monde décrivait la maladie de la sorte : « il a une brasserie dans l’estomac. Un syndrome d’auto-brasserie dû à une infection causée par Saccharomyces cerevisiae, la levure de boulanger (et de bière). S’il mange ou boit quoi que ce soit contenant de l’amidon (pain, soda, pâtes…), la levure fermentera les sucres en éthanol… Et il finira ivre. »

Heureusement, les cas d’auto-brasserie sont extrêmement rares. Chez la grande majorité des personnes, la levure ne fait que passer dans l’estomac. Mais lorsqu’elle s’y installe et fait augmenter le taux d’alcoolémie du patient, il ne reste qu’une solution pour éviter la gueule de bois : suivre un régime qui exclut le poulet, la plupart des légumes et des fruits, ainsi que le soda. De son côté, Nick Hess n’est désormais plus accusé par sa femme d’être un alcoolique. Il a expliqué à la BBC que grâce à des médicaments antifongiques et un régime pauvre en glucides, il n’était plus ivre que deux ou trois fois par mois.