Un couple réalise la plus longue traversée de l’Antarctique à skis et sans assistance

Plus de 2.000 km en 73 jours par des températures frisant parfois les -50 degrés : un couple d’avocats français a réalisé la plus longue traversée à skis sans assistance de l’Antarctique, qu’ils ont racontée à leur retour en France, mardi. Partis de la barrière de Filchner-Ronne le 14 novembre, Stéphanie et Jérémie Gicquel, 32 ans, ont rallié la côte opposée du continent en passant par le pôle sud en tractant des traîneaux de plus de 50 kilos à skis de randonnée.

Une véritable prouesse

« Au-delà des records, le plus important dans cette aventure a été l’aspect solidarité et le partage« , a raconté Jérémie Gicquel lors d’une conférence de presse à l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry où ils ont atterri mardi. Le couple a collecté plus de 8.000 euros pour l’association Petits Princes, qui réalise les rêves d’enfants malades, et répondu aux questions de lycéens et de collégiens pendant leur périple.

D’aspect frêle, elle, ne pesant à l’arrivée que 40 kilos pour 1,60 m et lui, 64 kilos pour 1,83 m, après avoir respectivement perdu 5 et 12 kilos, Stéphanie et Jérémie Gicquel ont réalisé une véritable prouesse sportive, en ne mangeant que de la nourriture lyophilisée rationnée. Ils skiaient jusqu’à 12 heures par jour, pour parcourir environ 40 km parfois dans un brouillard intense, au milieu des crevasses et avec des vents de face soufflant à 70 km/heure. « On est en mode survie. Le moindre acte est compliqué. Le risque d’engelure est très important. Ca peut se jouer en quelques secondes« , a expliqué Jérémie Gicquel, précisant que sous leur tente la température pouvait atteindre -10 degrés. « Quelques personnes nous ont dit qu’on était trop maigres. Mais il suffit d’avoir le mental et l’endurance« , a renchéri Stéphanie Gicquel.

La passion

Un virus, un arceau de tente cassé furent parmi les moments difficiles vécus par le couple qui affirme n’avoir jamais perdu le moral. « Dans chaque instant, même les plus difficiles, on essayait de voir les aspects positifs« , a assuré M. Gicquel. Ce projet, né d’une idée et d’une passion commune pour les régions polaires ainsi que pour « les défis », a demandé à ces Parisiens d’adoption plusieurs mois de préparation physique. De cette aventure, Stéphanie Gicquel, qui compte écrire un livre, en revient « plus simple, moins attachée aux choses matérielles« . Quant à son époux, qui estime « important de ne jamais renoncer à ses rêves« , il reprend lundi son travail dans un grand cabinet parisien de droit des affaires.

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