Voyage mémoriel à Auschwitz pour ne pas oublier

Crémation, exécution, chambre à gaz, déportation… Les mots et les images ont été durs hier pour la centaine d’étudiants des écoles secondaires belges. Pour le 70e anniversaire de la libération d’Auschwitz, l’Institut des Vétérans-INIG et la Défense ont organisé un voyage mémoriel au cœur de l’effroyable camp de concentration de Pologne.

Vers 5h, les élèves arrivent à l’aéroport militaire de Melsbroek. Ils s’installent dans la cafeteria, parlent à voix basse, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, personne ne chahute. En réalité, ils sont impressionnés, comme nous le confie Hatine de l’Athénée Royal Paul Delvaux à Louvain-la-Neuve. «Il y a plein de militaires partout, ça ne rigole pas», explique l’étudiante. «C’est très impressionnant.» Elle et ses amies se sont portées volontaires pour participer à ce voyage. «Pour pouvoir venir, il fallait être très motivées, et c’est ce que nous étions.» Pour ces jeunes filles, aller à la rencontre du passé est très important. «Il ne faut jamais oublier ce qui s’est passé.»

Ne pas oublier

Ne pas oublier… C’est ce que l’on entendra le plus lors de cette journée commémorative. Déjà, tour à tour, dans leur discours, le ministre Steven Vandeput et Michel Jaupart, administrateur général de l’institut des Vétérans le rappelaient. Plus tard dans la journée, Arnaud de l’Athénée de Quiévrain le contextualise: «Avec tout ce que l’on vit actuellement, il ne faut pas cesser de rappeler aux gens les horreurs de la guerre pour ne pas reproduire les mêmes erreurs.»

Arrivés à Auschwitz, tout s’enchaîne très vite: les différentes pièces, les objets, les images. Devant le nombre de valises portant le nom et la date de naissance des prisonniers, les élèves sont abasourdis. Mais c’était sans compter le nombre de chaussures, d’objets… et de vêtements pour enfants. Lorsque le guide raconte comment les Juifs, les Tziganes et les prisonniers de guerre étaient exécutés, on sent l’effroi qui émane des jeunes. Quelques murmures se font entendre par-ci par-là, des murmures qui en disent long sur la stupeur des étudiants.

Au fur et à mesure de la visite, les couloirs deviennent de plus en plus irrespirables. Il est midi! Ouf, il était temps de reprendre un peu ses esprits.

Le choc

Avant de commencer la visite de Birkenau, l’heure est à la discussion. Pour Arnaud, le pire de ce qu’il a vu à Auschwitz est sans aucun doute la quantité de cheveux présentés derrière une vitre. «Nous avions vu des images de toutes ces horreurs en vidéo à l’école mais jamais, on n’aurait pu croire que c’était à ce point!»

Pour Kevin, étudiant également à l’Athénée de Quiévrain, le choc est encore plus violent. C’est aussi un voyage sur les traces de son arrière-grand-père qu’il effectuait hier. À huit ans, il avait déjà entrepris ce périple avec sa mère. Déjà à l’époque, tout ce qu’il avait vu lui avait semblé horrible. Mais aujourd’hui, dix ans plus tard, c’est avec un tout autre regard qu’il appréhende cette succession d’horreur. Le petit garçon a grandi, il est encore plus bouleversé. «On n’en parle jamais avec ma grand-mère. Je sais juste que son père avait refusé une demande des Allemands. Il s’est donc retrouvé ici et on ne l’a plus jamais revu.» Mort ou disparu? Personne ne le sait, et c’est le cas de beaucoup d’autres prisonniers.

La journée se termine tout doucement. On aperçoit des rayons du soleil. Une chose est sûre : ces jeunes n’oublieront jamais!

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