« Prison Cloud », comment les détenus ont pu envoyer des emails

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En fonction depuis quelques mois dans les prisons de Beveren et de Leuze-en-Hainaut, «Prison Cloud» a fait parler de lui hier. Malgré le système de sécurité performant de cette plateforme digitale, un détenu a réussi à envoyer un mail à nos confrères du Nieuwsblad. «Chers journalistes, depuis des mois, nous pouvons envoyer des e-mails à cœur joie depuis notre cellule. De nombreux détenus poursuivent leurs activités criminelles par ce biais». Voilà le contenu d’un courrier électronique qu’a envoyé un détenu de la prison de Beveren à la rédaction du Nieuwsblad. Depuis, la direction de l’établissement a fermé l’accès à plusieurs sites internet.

À priori, ce n’est pas le système qui est en cause. «Il n’y a pas eu de faille dans le système», explique Laurent Sempot, porte-parole de l’administration pénitentiaire. «En fait, les détenus ont réussi à envoyer des e-mails en utilisant un service proposé par le VDAB (le service flamand pour l’emploi et la formation professionnelle, ndlr). Ce site permet d’envoyer des messages extérieurs à une cible bien précise.» Toutefois, l’administration pénitentiaire étudie la possibilité de renforcer la sécurité de son système informatique «Prison Cloud» afin que les détenus ne puissent plus envoyer des e-mails, indique Laurent Sempot.

La direction de la prison de Beveren a décidé de fermer la plateforme pour une durée indéterminée et en attendant de trouver le moyen de bloquer l’accès à ce service du VDAB, les détenus n’ont de toute façon plus accès à ce site qui, pourtant, a toute sa place dans la plateforme «Prison Cloud» tel qu’elle a été conçue et imaginée. «Grâce à ce système internet, les détenus ont la possibilité d’avoir accès à quelques sites externes qui sont liés avant tout à la détention et à l’insertion sociale». Outre le site du VDAB, les locataires des prisons peuvent se rendre sur les pages web du Forem ou d’Actiris. De plus, ils ont accès à des sites d’aide au justiciable ou à d’autres services tels que des bibliothèques.

«Prison Cloud» est également utilisé comme intranet. «Il a été conçu pour aider les détenus à commander des services internes aux prisons», souligne Laurent Semplot. À titre d’exemple, le locataire des prisons peut commander ce qu’il désire manger à la cantine ou demander un rendez-vous avec un médecin. Des demandes qui s’effectuent sur papier dans d’autres prisons.

Maîté Hamouchi

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