Larry Flint fête les 40 ans du magazine X Hustler

«Je suis le plus gros fournisseur de contenus pour adultes dans le monde, nous sommes dans plus de 60 pays», se félicite Larry Flint. Le magnat du X, en costume beige et bagues en or et diamants, reçoit dans son immense bureau de Bervely Hills. Sur son bureau style napoléonien sont disposées des photos de sa femme, de lui et Bill Clinton, des caricatures et toute une collection du magazine Hustler («petite frappe» en français).

La revue fête ce mois-ci ses 40 ans. Sur la couverture du numéro anniversaire, une blonde à quatre pattes en jarretières a revêtu un sautoir de perles, pour l’occasion. L’intérieur du magazine ne fait, lui, pas dans la dentelle: du sexe très X, sous toutes ses coutures et en très gros plan. Mais son magazine voit peut-être ses jours comptés. Le tirage a fondu face à l’abondance de contenus porno en libre accès sur internet. «Tant que nous restons rentables, je continuerai à publier. Après nous passerons sur internet seulement», explique Larry Flint. L’avenir pour son groupe se trouve surtout dans les chaînes de télévision X et les vidéos à la demande, mais aussi dans les boutiques d’accessoires et les casinos, que le groupe ouvre à tout va. «Nous avons eu notre meilleure année l’an dernier», assure-t-il.

Mais ce dont la référence mondiale en matière de business pornographique est le plus fier, ce sont ses victoires légales en faveur de la liberté d’expression. Ses détracteurs «n’ont pas réussi à (le) mettre en faillite, même s’ils ont fait tout ce qu’ils ont pu». Il a été poursuivi tour à tour pour pornographie, outrage au drapeau américain, refus de révéler ses sources, diffamation et, le plus célèbre motif: «détresse émotionnelle». C’est cette plainte déposée à la suite d’une parodie de publicité dans laquelle apparaissait le révérend Jerry Falwell, perdue en première instance, qu’il a combattue férocement jusqu’à ce que la Cour Suprême lui donne raison: le célèbre «The people vs Larry Flynt», titre du film de Milos Forman qui lui est dédié. «Ce cas a protégé le droit à la parodie et a bénéficié aux médias en général», assure-t-il.