Le surf pour oublier la guerre civile

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De 1989 à 2003, une guerre civile a causé la mort de 200.000 personnes au Liberia. Le pays pense désormais à l’avenir. Et mise sur le surf pour développer son économie. Ils sont de plus en plus nombreux au Liberia, attirés par les rouleaux qui font de ce pays d’Afrique de l’Ouest l’un des derniers paradis encore intact pour les surfeurs.

Difficile d’imaginer des surfeurs insouciants dans un pays surtout connu pour les guerres civiles qui l’ont ravagé. Des images d’enfants-soldats drogués brandissant des mitrailleuses ont fait le tour du monde. Mais le tourisme du surf s’y développe lentement. Et le Liberia commence à acquérir une certaine réputation à cause de ses parfaits «point breaks» (lieux où les vagues se brisent au large).

La légende veut que les premiers surfers soient apparus au Liberia dans les années 70. Mais il a fallu attendre qu’un film sur ce sport remporte des prix à des festivals en 2008 pour que les touristes commencent à s’y rendre. «Sliding Liberia», relate l’histoire d’Alfred Lomax. Il était devenu le premier surfeur du pays après avoir trouvé un bodyboard dans une décharge alors qu’il tentait d’échapper à des rebelles.

Moritz Fahsig et sa petite amie Susi Brandt, qui travaillent à Munich dans le marketing en ligne, sont venus surfer à Robertsport. «Ailleurs, quand vous êtes seul, vous avez de la veine. Ici, c’est quand quelqu’un partage avec vous une bonne vague que vous avez de la chance», dit Moritz. Les surfeurs devaient au départ camper sur la plage, mais le confort s’est amélioré depuis que Sean Brody et Daniel Hopkins ont ouvert Kwepunha Retreat, la première école de surf dotée de chambres. «Je ne peux pas dire que le surf à lui seul maintienne la paix mais je crois qu’il y contribue», se félicite Sean Brody, frère de l’acteur américain Adam Brody.