Entreprises: chasse aux retards de paiement

En Belgique, le délai de paiement moyen est de 49 jours pour les transactions entre entreprises. Quand une société traite avec les autorités publiques, elle doit même attendre 68 jours avant d’être payée. Ailleurs en Europe, la situation est à peine meilleure, avec des délais moyens de 47 et 58 jours.

«C’est préoccupant», estime l’eurodéputé Philippe De Backer (Open-VLD). Il s’inquiète notamment de l’impact de ces retards sur la santé financière des PME. La Commission européenne cite l’exemple de sociétés obligées de mettre la clé sous la porte du fait de problèmes de trésorerie. Avant d’en arriver à de tels extrêmes, 70% des PME belges disent éprouver des problèmes de liquidités. La Commission estime même que ces retards représentent 2,7% de perte de chiffre d’affaire en Belgique. «C’est d’autant plus inquiétant que ces entreprises constituent la colonne vertébrale de notre économie. Les retards de paiement les empêche d’investir et de soutenir la reprise», reprend Philippe De Backer.

Pour remédier au problème, les délais de règlements sont désormais strictement encadrés par la législation européenne. C’est bien simple: les débiteurs seront tenus de payer au minimum 8% intérêts s’ils ne payent pas à temps. Une entreprise privée aura 60 jours pour payer. Une autorité publique seulement 30. «Il est juste que le secteur public montre l’exemple», se félicite Christine Darville, de la Fédération des entreprises de Belgique. «Ce nouveau délai va représenter un changement conséquent.» En cas de litige, le débiteur sera tenu de payer l’ensemble des frais de recouvrement engagés par le créditeur.