En Australie, le nombre de SDF s’envole

AFP / Peter Parks

Le nombre de SDF est en augmentation en Australie, préviennent les spécialistes. Si l’Australie a évité toute récession pendant un quart de siècle, un nombre grandissant de ses habitants ont été laissés sur le carreau.

Le boom économique, alimenté par des investissements massifs dans l’industrie minière, a provoqué la hausse des prix de l’immobilier et rempli les poches de bon nombre d’Australiens.

Mais Sydney et Melbourne, les plus grandes villes du pays, arrivent respectivement en deuxième et 10e position d’une liste mondiale des villes où le logement est le plus cher.
Des voix s’élèvent pour réclamer aux gouvernements fédéral et des Etats des logements sociaux.

« Si on compare à Londres ou à New York, le nombre de personnes qui recherchent du soutien car elles n’ont pas de logement est comparativement plus élevé« , déclare Katherine McKernan, directrice de l’agence spécialisée Homelessness New South Wales (NSW). « L’Australie est un pays riche et ne devrait pas avoir ces niveaux de SDF« .

Une hausse de 33%

Selon l’Agence australienne pour la santé et les affaires sociales, en 2015/16, 279.000 personnes, un record, ont fait une demande auprès des services s’occupant des sans abris, parmi lesquelles des victimes de violences conjugales et familiales. Il s’agit d’une hausse de 33% comparé à 2011/12, lorsque ces statistiques ont commencé à être compilées.

Plus de 100.000 SDF ont été comptabilisés lors du recensement national de 2011. Un recensement mené en 2016 devrait témoigner de la hausse de ces chiffres, redoutent les associations d’aide aux sans abri.

En quête d’un lieu sûr

Les SDF sont plus visibles dans les grandes villes. Au centre de Sydney, Lanz Priestley a érigé un campement de fortune, appelé « lieu sûr » et proposant de la nourriture 24 heures sur 24, à quelques mètres de la Banque centrale, de tours de bureaux rutilantes et du Parlement de l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud. « Les gens ont le droit fondamental de se sentir en sécurité« , dit-il.

Nina Wilson, 20 ans, aide M. Priestley à gérer l’endroit. « J’ai maintenant un logement provisoire car je suis enceinte de six mois. C’est ma façon de rendre ce qu’on m’a donné car je sais ce que c’est que d’être SDF« .

Salvatore Magenta, 64 ans, explique vivre dans la rue depuis 2000 et avoir des problèmes de santé. « Pendant 15 ans, j’ai dormi dans une voiture et je ne disais à personne ce qu’il m’arrivait. Bientôt, j’aurai besoin d’un logement ou on va me retrouver mort dans la rue« .

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