La France impose le port du casque pour les enfants cyclistes

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Auparavant recommandé, désormais obligatoire: à partir de mercredi, la France impose aux moins de 12 ans de porter un casque à vélo.

Les autorités françaises espèrent voir cette pratique se diffuser chez les cyclistes de tous âges. Mais ce sont les enfants qui en feront les premiers l’expérience. Ils devront désormais porter systématiquement le casque à vélo. La mesure avait été annoncée en octobre 2015 lors d’un Conseil interministériel de sécurité routière.

« C’était pas déjà obligatoire ? Même sans loi, c’est du bon sens ! Qui ne met pas de casque à son enfant ?« , s’étonne Stéphanie qui, avec le retour des beaux jours, a ressorti son vélo pour aller chercher sa fille à l’école. Mère et fille portent un casque, une « évidence » pour cette trentenaire parisienne. Les effets protecteurs du casque sont reconnus. Selon la Sécurité routière, il diminue le risque de blessure sérieuse à la tête de 70%, celui de blessure mineure de 31% et celui de blessure au visage de 28%.

Un « non-sens »

En France, les cyclistes ont vu leur mortalité repartir à la hausse en 2016: l’an dernier, 159 cyclistes ont été tués sur les routes (10 de plus qu’en 2015, +7%). Pourtant, cette mesure n’est « pas la plus pertinente« , estime la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB). « On n’est pas contre. Mais espérer que ça va changer la sécurité routière du cycliste, c’est un non-sens« , affirme son président Olivier Schneider. « Une véritable mesure de sécurité routière serait de systématiser l’apprentissage de la mobilité vélo à l’école primaire, pour savoir faire du vélo sur la voie publique. Ce n’est pas parce qu’on porte un casque qu’on va savoir éviter les accidents« , estime-t-il.

En Belgique, les associations de cyclistes s’opposent elles aussi à ce type de mesure. elles redoutent qu’elle ne dissuade les cyclistes, alors qu’il est prouvé qu’un plus grand nombre de cyclistes sur les routes leur offre plus de sécurité.

Une obligation pour tous les cyclistes entraverait notamment le nouvel engouement pour les déplacements à vélo suscité par les systèmes de libre-service (Villo!) qui se développent depuis une dizaine d’années.

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