Quai 10, plus qu’un nouveau cinéma pour Charleroi

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Ph. Quai 10

Effervescence en bord de Sambre. Avec l’inauguration de Quai 10 ce week-end, Charleroi gagne plus qu’un cinéma. Le nouvel espace culturel sera le lieu de l’image et de ses futurs.

Ce sont les gestionnaires du cinéma Le Parc qui seront à la manœuvre d’un nouveau paquebot de pierre planté sur le quai. Ils ont répondu à l’appel lancé par la Ville de Charleroi.

Ph. Quai 10

L’ancien siège local de la Banque nationale sera donc maintenant le centre de l’image animée et interactive. Derrière l’expression se cache le cinéma bien entendu. Quai 10 c’est avant tout quatre salles de projection, aux standards techniques exigeants, où l’on pourra savourer du cinéma d’auteur et d’art et d’essai (et en V. O., SVP !). « Certes, au cinéma vous n’aurez jamais ces conditions techniques à la maison. Mais pour que cela fonctionne, on doit proposer autres choses et associer le cinéma à d’autres Beaux-Arts », explique Michail Bakolas, directeur de Quai 10.

Pour les gamers

C’est pourquoi les centres d’intérêt du nouvel lieu culturel dépassent le 7e art. Quai10 mettra aussi à l’honneur le jeu vidéo et la création numérique. Des espaces spécifiques sont ainsi spécifiquement dédiés au gaming. «Mais ce ne sera pas un Luna Park», insiste Michail Bakolas. «On pourra bien entendu jouer. Mais le jeu vidéo sera abordé de manière pédagogique. Il y aura toujours un animateur pour faire découvrir des choses, montrer qu’il ya création artistique.» Les arts numériques seront également ici entendus au sens large avec la présentation d’œuvres d’artistes locaux et internationaux. Quai 10 pourra compter notamment sur le collectif Dirty Monitor, connu pour ses performances en mapping. Samedi, lors de l’inauguration, ses membres prouveront encore leur excellence dans l’animation par projection des façades d’habitude inanimées lors d’un show inédit.

Ph. Quai 10

Une cinquantaine d’activités sont en tout prévues dès aujourd’hui et jusqu’à dimanche. Il y aura des projections bien entendu, avec les cinéastes Yolande Moreau et Jaco Van Dormael en marraine et parrain de l’événement. Des rencontres, des concerts, des installations complètent un programme axé sur la convivialité qui se goûtera à la brasserie.

Pérennité

Projet privé estimé à 18 millions €, Quai 10 a bénéficié toutefois d’un apport en fonds publics communaux, régionaux et européens. Pour le pérenniser, «on doit être aussi imaginatif dans un monde où les pouvoirs publics ont du mal», estime Michail Bakolas. «Nous devons trouver les moyens de passer du chiffre d’affaires d’une petite structure de 500.000€ au triple.» C’est pourquoi l’asbl a lancé un appel de fonds (sorte de crowdfunding) en septembre dont les résultats seront dévoilés ce week-end. «Mais on peut déjà dire que l’opération est réussie.»

Au public maintenant de répondre présent. De 2.000 entrées par semaine, le directeur estime qu’il faudrait passer à 2.300-2.500 pour rendre le projet viable. Mais Quai 10 doit tenir quelques mois, le temps que les travaux du quartier soient terminés pour rendre les abords accueillants et attirer les cinéphiles et amateurs d’aventures culturelles nouvelles.

Nicolas Naizy

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